L’autoclave classe B est devenu l’équipement de référence des cabinets qui stérilisent des instruments destinés à des actes invasifs. Mais que signifie exactement cette classe, que garantit la norme NF EN 13060, et comment s’assurer que votre stérilisateur fonctionne réellement comme prévu, jour après jour ? Ce guide vous aide à comprendre, choisir et qualifier votre autoclave.
Sommaire
La norme NF EN 13060 en bref
La norme NF EN 13060 s’applique aux petits stérilisateurs à la vapeur d’eau, ceux dont la chambre a un volume réduit et qui équipent la plupart des cabinets. Elle fixe des exigences de conception, de performances et d’essais, et classe les cycles selon les types de charges qu’ils sont capables de stériliser. Elle s’articule avec la norme NF EN ISO 17665, qui encadre plus largement la stérilisation par la chaleur humide, notamment la validation et le contrôle de routine du procédé.
En pratique, la norme sert surtout à deux choses pour le cabinet : vérifier, lors de l’achat, que l’appareil est adapté aux instruments utilisés, et disposer d’un cadre pour les essais de qualification et les tests de routine.
Autoclave classe B, N ou S : quelles différences
La norme distingue trois types de cycles. La différence essentielle tient à la gestion de l’air dans la chambre : la vapeur ne stérilise que là où elle parvient, et l’air résiduel empêche sa pénétration dans les cavités et les emballages.
| Classe | Charges couvertes | Principe | Usage en cabinet |
|---|---|---|---|
| B | Instruments emballés ou non, pleins, creux et poreux | Vide fractionné qui extrait l’air avant la phase de stérilisation | Référence pour les instruments conditionnés et les instruments creux |
| N | Instruments pleins, non emballés | Évacuation de l’air par gravité, sans vide préalable performant | Inadaptée aux instruments conditionnés destinés à rester stériles |
| S | Charges spécifiées par le fabricant | Performances limitées aux types de charges déclarés | À vérifier au cas par cas selon la documentation du fabricant |
À retenir : dès lors que vous stérilisez des instruments emballés, creux ou à lumière, comme des porte-instruments rotatifs ou des canules, un cycle de classe B est nécessaire. C’est pourquoi la quasi-totalité des cabinets s’équipent aujourd’hui d’un autoclave classe B.
Le cycle à 134 °C pendant 18 minutes
Les autoclaves proposent plusieurs programmes. Pour les instruments réutilisables destinés à des actes invasifs, le cycle généralement retenu combine une température de 134 °C et un plateau de stérilisation de 18 minutes. Ce couple, souvent appelé « cycle prion », correspond aux recommandations de prise en compte du risque lié aux agents transmissibles non conventionnels, détaillées dans notre guide prions et ATNC.
Le cycle complet dure bien plus que 18 minutes : il comprend les phases de vide fractionné, de montée en température, le plateau lui-même, puis la décompression et le séchage. Seul le plateau, pendant lequel la vapeur saturée est maintenue à la température cible, constitue la phase stérilisante.
Dans StériTrack, les limites de libération sont paramétrées en conséquence : température comprise entre 134 et 138 °C, plateau d’au moins 18 minutes, pression entre 2,0 et 2,4 bar. Hors de ces limites, la charge ne peut pas être libérée, seul un rejet motivé est possible.
Bien choisir son autoclave
Au-delà de la classe, plusieurs critères pratiques méritent d’être examinés avant l’achat.
- Capacité de la chambre : elle doit correspondre au volume quotidien d’instruments, sans surcharger les plateaux.
- Durée totale du cycle : elle conditionne le nombre de charges réalisables par jour et donc la taille de votre parc d’instruments.
- Enregistrement des données : imprimante intégrée, port USB, carte mémoire ou export réseau facilitent la conservation des paramètres de chaque cycle.
- Alimentation en eau : qualité d’eau exigée par le fabricant, réservoir ou raccordement à un osmoseur.
- Programmes de test : présence d’un test de vide automatique et d’un programme dédié au test Helix ou Bowie-Dick.
- Service après-vente : proximité du technicien, délais d’intervention, contrat de maintenance et prêt d’appareil en cas de panne.

Qualification et requalification de l’autoclave
Acheter un autoclave conforme ne suffit pas : il faut démontrer qu’il fonctionne correctement dans votre cabinet, avec vos charges. C’est l’objet de la qualification, réalisée en général par le fabricant ou un prestataire spécialisé, et qui s’inscrit dans la logique de la norme NF EN ISO 17665.
| Étape | Objectif |
|---|---|
| Qualification d’installation | Vérifier que l’appareil est installé conformément aux spécifications : alimentation électrique, eau, évacuation, environnement. |
| Qualification opérationnelle | Vérifier que l’appareil atteint les paramètres attendus dans les conditions prévues. |
| Qualification des performances | Démontrer, avec des charges représentatives de votre pratique, que la stérilisation est obtenue de façon reproductible. |
La requalification est généralement réalisée de façon périodique, souvent annuelle, ainsi qu’après toute intervention susceptible d’affecter les performances : remplacement d’un composant majeur, déménagement, modification du type de charges. Référez-vous aux préconisations du fabricant et à votre procédure. Conservez chaque rapport : il fait partie des documents qu’un inspecteur peut demander, comme le rappelle notre guide pour préparer une inspection de l’ARS.
Au quotidien : tests, cycles et maintenance
Entre deux qualifications, la conformité de l’autoclave se vérifie chaque jour par les tests de routine : test de vide pour l’étanchéité de la chambre, test Helix ou Bowie-Dick pour la pénétration de la vapeur. Notre guide sur le test Helix et Bowie-Dick en détaille l’interprétation.
StériTrack centralise ces informations dans la fiche de chaque appareil : marque, modèle, numéro de série, date de mise en service, dernière maintenance, fréquence de maintenance et statut Opérationnel, En panne ou En maintenance. Un test échoué fait passer l’appareil en panne, ce qui bloque l’enregistrement de nouveaux cycles, et les maintenances à prévoir s’affichent au tableau de bord. En savoir plus sur la gestion du parc d’autoclaves.

Questions fréquentes
Un autoclave classe N peut-il suffire pour un cabinet ?
Uniquement pour des instruments pleins stérilisés nus et utilisés immédiatement. Pour les instruments conditionnés, creux ou poreux, un cycle de classe B est nécessaire.
Faut-il toujours utiliser le cycle à 134 °C pendant 18 minutes ?
Pour les instruments thermorésistants destinés à des actes invasifs, c’est le cycle généralement recommandé. Certains matériaux sensibles imposent d’autres programmes : suivez la notice du fabricant de l’instrument.
Qui réalise la qualification ?
Le plus souvent le fabricant, le distributeur ou un prestataire spécialisé, qui remet un rapport à conserver dans le dossier de l’appareil.
Que faire si l'autoclave tombe en panne ?
Cessez de l’utiliser, signalez la panne, faites intervenir le technicien et réalisez les tests de routine avant toute remise en service. Les charges en cours doivent être considérées comme non stériles.
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